Corps de prof

Aujourd'hui, petite digression dans la ligne éditoriale de ce blog (Non mais allô, depuis quand ce blog a une "ligne éditoriale" ???), j'avais envie de démontrer mes qualités de didacticienne pour une fois (Sophie, sérieux t'as fumé quoi aujourd'hui ???).

L'article qui suit est donc une séance de révision sur le corps humain professoral : l'occasion d'en savoir plus sur

L'ANATOMIE D'UN PROF


Toi, aussi, amuse-toi à légender le corps de M. BOGHAUSSE,
remplaçant dans la classe de CM1B



LA TETE 


Mon beau-frère vous le dira : le prof n'a pas besoin d'avoir une tête puisqu'il n'a qu'à lire ce qui est écrit dans les manuels.

Cet appendice est donc totalement superfétatoire chez le prof : tout au plus lui sert-elle à la dodeliner pour marquer sa désapprobation quand Kharynne est en train de jouer à lancer sa gomme au lieu d'écrire la date comme demandé.


LE COEUR


Contrairement à une croyance qui a trop longtemps prévalu, le prof a bien un coeur : il s'attache (à sa façon) à ses élèves et a à coeur de faire correctement son travail.

Les fins observateurs auront constaté que sur le dessin ci-dessus le coeur apparait à droite : ce n'est pas une erreur de la prof qui écrit cet article (depuis quand les profs, ces dieux vivants, commettent-ils des erreurs ???) mais une anticipation de la prochaine réforme des programmes scolaires modifiant l'emplacement du coeur suite à un changement de bord politique.


LE COUDE


Le prof sait jouer de ses coudes pour pallier l'insuffisance de moyens pour travailler correctement optimiser les moyens mis à sa disposition : l'art de la récup et du détournement, celui de la brocante comme celui de la mendicité (des bouchons siouplé pour le projet mosaïque avec mes petits élèves de maternelle tout mignons ?) ont tous été inventés par des professeurs, qu'on se le tienne pour dit.


LE POIGNET


Le prof doit l'avoir particulièrement agile pour faire glisser son stylo rouge avec art, écrivant en plein et délié des appréciations à la fois individualisées, justifiées, pertinentes et bienveillantes sur chaque évaluation.

Son habileté poignettale lui sert aussi à convoquer d'un geste ferme : "Mayhilïsse, tu bavardes avec Dilanne ? Viens donc exercer tes talents au tableau en corrigeant le premier exercice".


LA JAMBE


Les jambes sont extrêmement sollicitées dans le métier d'enseignant :
- pour courir en permanence de la salle des maitres à la salle de classe, de la cour de récréation au réfectoire, du préau à la réserve de matériel, de la classe du collègue qui a emprunté le seul vidéoprojecteur de l'école alors que tu l'avais réservé exprès à celle de l'autre collègue qui a une boite remplie de craies à te dépanner, du gymnase à la BCD...
- pour bondir jusqu'au bureau d'un élève qui est encore en train de se balancer au lieu de recopier les devoirs pour la semaine prochaine
- pour sauter sur place afin d'essayer d'attirer leur attention en fin de journée le vendredi après-midi en EPS

Conséquence, le prof peut légitimement affirmer "ça me fait une belle jambe" quand un élève lui dit "je vais dire à ma mère de mettre un mot pour vous dans mon cahier de liaison parce que je n'ai pas envie d'être au premier rang".


LA CHEVILLE


Cette partie du corps est sujette à d'étranges dilatations chez le prof dans certaines circonstances comme par exemple :
- quand il a réussi à mener sa séance comme prévu
- quand il a réussi à respecter le timing prévu dans son cahier-journal
- quand il a réussi à obtenir le silence pendant 5 minutes consécutives
- quand il a réussi à mettre au travail un élève pénible en difficulté comportementale
- quand il a réussi à finir la journée sans passer aucun élève par la fenêtre

Heureusement, ces dilatations restent temporaires et il suffit d'une remarque désagréable d'un parent dans le cahier de liaison ou d'une séance ratée pour redonner leur forme initiale à ses chevilles.


LE PIED


Par une étrange lubie, le prof prend son pied lorsqu'il est dans une salle de classe remplie d'une petite trentaine d'êtres de (plus ou moins) petite taille, chez qui il doit construire des apprentissages.

Alors que par ailleurs, il est incapable de faire en sorte que ses propres enfants rangent leur chambre correctement.


LE GENOU


Ils peuvent être esquintés car il n'est pas rare que le prof soit sur les genoux en fin de journée une fois ses zapprenant partis.

Mais le prof doit se relever car une deuxième partie de journée l'attend : corrections, rangement du matériel, préparation de la classe... (et des fois une vie sociale aussi).

LE VENTRE


Souvent noué à la veille d'une visite d'inspection...

Il faut dire que le ventre d'un prof peut être déjà ravagé par les repas plateaux de la cantine avalés à la hâte, et les microbes intestinaux régulièrement transmis par les élèves.


LA MAIN


Le prof utilise beaucoup ses doigts : pour désigner un élève, pour demander le silence, pour dénombrer...

Par contre le prof n'a pas le droit de lever son majeur seul, quelles que soient les circonstances. Même quand ça le démange. Et parfois ça le démange d'une force...


LE BRAS


Le prof aimerait souvent l'avoir plus long pour pouvoir agir sur la réalité de son métier.

Le prof aimerait aussi que ses élèves lèvent le leur avant de prendre la parole.

Mais dans l'un et l'autre cas, il peut toujours aller se brosser...


LES EPAULES


Cette partie du corps est sans doute la plus fragile chez un enseignant tant elles portent de choses :
- développement des apprentissages chez ses élèves
- construction de la personnalité de ses élèves
- attentes / exigences des parents
- attentes / exigences de la hiérarchie
- enfants en souffrance
- relationnel avec les élèves
- climat de classe et d'école
- troubles des apprentissages
- troubles du comportement
- démarches administratives diverses
- réunions de ci et réunions de ça
- contraintes logistiques et contretemps divers z'et variés
[liste non exhaustive]

#BlablaProf


Quand je me fous à poil sur mon blog
MAIS
en restant #éthiqueetresponsable...



4 commentaires:

erwan bouvet a dit…

Moi-même PES en cm1 cette année, j'avoue avoir bien ri... En plus, ça fait plaisir de voir qu'on est tous logés à la même enseigne )))

En revanche, il est samedi 22h30 et je rentre à peine de ma journée de "weekend de base" (8h de biblio pour faire des fiches de séquence, fiches de prép... la routine quoi) et je me demande : "Mais comment fais-tu pour tenir un blog ? Tu bosses pas où quoi cette année ?!"
;-)

Fofie Flood a dit…

Bah évidemment que non je bosse pas : je fais genre l'année est trop dure mais c'est juste pour faire pleurer dans les chaumières => on est d'accord qu'être PES c'est de la glande et que le plus dur c'est de trouver de quoi occuper ses journéesn d'où le blog ;-)

PS : c'est pas vrai hein ? En fait j'emploie une armée d'oompas-loompas pour gérer ma prep de classe ce qui me permet de me consacrer au blog...

Anonyme a dit…

Super blog et belle écriture.L'humour est indispensable dans notre métier , il permet la distanciation, le recul nécessaire à notre pratique de classe et à la gestion des parents et de la hiérarchie.Puis-je le faire connaitre à travers mon site http://rirerecre.fr/ et ma page facebook https://www.facebook.com/Je-construis-mon-orthographe-1851294041783971/?fref=ts.
Bonne continuation et encore bravo pour ce blog

Fofie Flood a dit…

Bonjour et merci pour ton message : avec plaisir pour parler du blog sur ton site (que je découvre) et/ou ta page Facebook.
En effet l'humour est la meilleure des armes (et en plus elle est légale) pour avancer de l'avant en toutes circonstances :-)
Bonne continuation à toi et n'hésite pas à me contacter par mail si tu le souhaites (sophiepouillemgcb@gmail.com)